[Cinq jours]

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Cinq jours
Peut-on jamais réinventer sa vie ?  C’est la question que soulève Douglas Kennedy sur la quatrième de couverture de son roman Cinq jours.

Cinq jours, c’est l’histoire d’une rencontre. Une rencontre qui bouleverse la vie de Laura, brillante technicienne en radiologie et passionnée de littérature. Elle vit à Damariscotta dans le Maine, région où « on aime guère l’ostentation ». Elle est mariée avec Dan depuis 23 ans avec qui elle forme un couple « raisonnablement assorti». Au chômage depuis plus d’un an, Dan est un homme taciturne et dont les sautes d’humeurs sont de plus en plus fréquentes. Il est assez peu démonstratif envers sa femme et envers son fils Ben, jeune étudiant en arts visuels et artiste talentueux mais torturé. Laura, à 42 ans semble être à un tournant de sa vie. Elle ressent de plus en plus souvent le besoin de s’échapper de son quotidien, de plus en plus pesant. C’est alors qu’on lui propose de suivre un séminaire en radiologie dans la banlieue de Boston. Ni une, ni deux, Laura se réjouit de ce petit intermède et prend avec bonheur la route. A Boston, elle fait par hasard la rencontre d’un homme également « raisonnablement marié », Richard, un vendeur d’assurances féru d’histoire. En quelques jours, cinq jours exactement, la vie de Laura bascule au côté de cet homme avec qui tout est parfait tant sur les plans physiques, émotionnels et intellectuels…

Je ne dévoile pas l’issue de cette passion soudaine pour ne pas vous gâcher la lecture de ce très bon roman de Douglas Kennedy. Il semblerait que l’auteur y aborde quelques uns de ses thèmes de prédilection que sont la possibilité de changer de vie, le hasard des rencontres et les choix qui s’offrent à nous. Des thèmes qui me parlent d’autant plus en ce moment de «crise » existentielle. Et, la question qui reste en suspens est : est-ce la vie qui s’impose à nous ou la vie que nous nous imposons ? Vaste débat que celui du libre arbitre et du déterminisme…

Un bon roman donc que j’ai beaucoup aimé tant la psychologie d’une femme en mal d’amour est si bien décrite. Douglas Kennedy aurait-il été une femme dans une autre vie ?

D’après les critiques, ce roman semble assez loin de ce que l’auteur a l’habitude de faire : des thrillers psychologiques, et a déçu de nombreux aficionados du genre. C’est vrai que ce roman est complètement différent de ce que j’ai pu lire (et aimer) par le passé. Je me rappelle notamment de Cul-de-sac, son premier roman avant qu’il ne soit réédité et rebaptisé Piège nuptial, un titre somme toute plus vendeur où l’auteur malmène encore le mariage, cette institution qu’il ne cesse de considérer comme la prison la plus commune que l’Homme se construit.

Vous l’aurez compris, Douglas Kennedy n’est pas l’auteur le plus optimiste de sa génération mais il est tellement juste dans la psychologie de ses personnages que je crois pouvoir dire qu’il fait partie de mes auteurs préférés.

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