Une vie après le burn-out

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zen

Un an et demi que je n’ai rien posté ici. Un an et demi… ou le temps nécessaire pour se reconstruire après l’épreuve du burn-out. Aujourd’hui, j’ai guéri. Les cicatrices sont bel et bien présentes, témoins du passé. Si les blessures ont été mon talon d’Achille, mon boulet qui m’entraînait vers le fond… elles se révèlent aujourd’hui être ma force, ma mémoire vive, mon bouclier de protection.

J’ai repris mon travail après un an d’arrêt maladie…heureuse de reprendre une vie normale quand bien même j’appréciais la douceur feutrée de mon cocon. J’ai repris mon travail en mi-temps thérapeutique, à dose homéopathique. Il faut dire que la fatigue, bien que beaucoup moins prégnante, était encore là même après un an d’arrêt. J’étais motivée cependant. Je voulais reprendre les choses à zéro…mettre tout à plat pour repartir du bon pied.

A mon retour, j’ai mis au courant mon employeur sur la vraie raison de mon arrêt qu’il ignorait jusqu’à présent. Cet aveu a été difficile mais nécessaire selon le médecin du travail pour faire prendre conscience de mon mal-être à mon employeur et peut être aussi de sa part de responsabilité dans ce qui m’était arrivé. Je n’ai pas vraiment choisi d’en parler, la médecine du travail m’y a poussée. Soit ! Si je n’en avais pas parlé plus tôt, c’est aussi parce qu’au tout début, je n’étais moi-même pas convaincue de « faire un burn-out ». Je mettais ma fatigue sur le compte d’une maladie organique, non détectée par mon médecin malgré les très nombreux examens pratiqués. Et puis, le temps passant, j’ai dû me rendre à l’évidence et accepter la vérité. Oui, je faisais une dépression d’épuisement. Mon état était dû à ma personnalité perfectionniste, mon incapacité à me fixer des limites raisonnables conjugué à un contexte professionnel dans lequel on me fixait des objectifs irréalistes sans me donner les moyens de les atteindre. Un cocktail explosif !

A mon retour, je pensais sincèrement qu’il était possible de reprendre mon travail petit à petit et de mettre cet épisode derrière moi. En réalité, il n’en a rien été… Ce dont j’ai souffert, à mon retour, c’est de me heurter au déni de mon employeur. Lors d’une réunion, on m’a clairement fait comprendre que si je n’avais pas atteint mes objectifs, c’était parce que je n’avais pas tout fait, tout mis en œuvre pour les atteindre. On niait la souffrance que j’avais ressentie en la balayant d’un revers de main. On minimisait ma douleur et mon sur-engagement au travail en ne les reconnaissant pas. A partir de ce moment-là, j’ai recommencé à me sentir fatiguée dès le matin, à éprouver des difficultés à me lever et à avoir besoin de dormir tous les après-midi durant lesquels je ne travaillais pas… Plus le temps avançait, plus je consommais mon « droit » au mi-temps thérapeutique et plus je déclinais… Le médecin-conseil, certainement plus préoccupé par l’état des finances de son organisme de sécurité sociale que par mon réel état de santé, me faisait entendre qu’ « à 30 ans, il fallait que je reprenne une activité professionnelle à temps plein» et  même si cela allait à l’encontre de l’avis de ma psy et du médecin du travail.

Et puis, il y a eu ce déclic… Cette force de vie qui avait néanmoins repris le dessus, cette petite voix qui me susurrait « ne les laisse plus t’atteindre ! ». Il fallait, pour me rétablir, que je m’éloigne de mon entreprise. C’était une évidence. Il fallait que je me reconstruise dans un nouveau projet professionnel, bien à moi, plus en phase avec mes véritables aspirations. J’ai eu la chance de pouvoir reprendre une année d’études, la chance que mon employeur accepte de m’accorder un congé sans solde et la chance que mon conjoint puisse survenir seul à nos besoins pendant tout ce temps-là. Ces chances que j’ai saisies, pour une fois sans trop réfléchir ! En même temps,  je n’avais pas vraiment le choix, c’était vital. Je suis donc retournée sur les bancs de la fac pour apprendre un nouveau métier. Les débuts ont été difficiles, harassants, sources de doutes et de remises en question. Mais finalement, cette année d’étude m’a permis de prendre de la hauteur et d’envisager un tout nouvel avenir.

J’ai aussi profité de ce temps pour me remettre en forme physiquement. La dépression, les 2 ans de prise d’antidépresseurs et de sédentarité avaient laissé des stigmates : plus 15 kilos sur la balance et une condition physique au ras des pâquerettes. Je ne me supportais plus. J’ai décidé de reprendre les choses en main après l’arrêt complet de mon traitement en me faisant accompagner d’une diététicienne. Aujourd’hui, les 15 kilos se sont envolés au prix d’un régime certes strict mais pas draconien. J’ai retrouvé avec joie le chemin de la salle de sport, dans laquelle je ne pouvais plus mettre les pieds pendant la phase aigüe de mon burn out .

Depuis 5 mois, j’ai aussi repris mon travail avec de nouveaux projets professionnels plein la tête. Je me sens plus forte que jamais, forte de cette expérience qui au lieu de me terrasser m’a rendue plus solide, plus sûre de moi. Évidemment, il faudra, à vie, que je reste vigilante afin de ne pas retomber dans mes vieux travers perfectionnistes.

Bien évidemment, j’aurais voulu quitter cette entreprise dans laquelle je suis tombée si gravement malade, ne plus y remettre les pieds…mais il y a un prêt à payer, des charges qui tombent chaque mois…des réalités économiques à prendre en compte. Quoiqu’il en soit, je me raccroche à mes projets, à mon entourage et à tout ce recul que j’ai pris grâce à ma psychothérapie et à mon année loin de tout cela. Je sais aujourd’hui que j’en partirai un jour, que le meilleur reste à venir et qu’aucun travail, quel qu’il soit, ne mérite qu’on ne mette sa santé en péril.

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